Actualités en santé publique

Maîtriser les Études Quantitatives d’Impact sur la Santé (EQIS)


Approche méthodologique et applications sur l’exposition à la pollution de l’air : objectifs pédagogiques

Objectif général :

Acquérir les connaissances et compétences nécessaires pour réaliser une Étude Quantitative d’Impact sur la Santé (EQIS) en appliquant les recommandations des guides méthodologiques de Santé Publique France (SPF).

Objectifs spécifiques :

  • Comprendre les principes fondamentaux des EQIS

  • Maîtriser les sources de données et les indicateurs clés

  • Appliquer les méthodes de calcul des impacts

  • Interpréter les résultats


journée de recherche respect

Croiser santé et transition écologique

Principaux constats des intervenants :

Raphaël Kermaïdic a insisté sur l’impact majeur de la pollution de l’air, du bruit et de la sédentarité comme déterminants de santé à fort coût économique.

Séverine Deguen a rappelé que les inégalités sociales et environnementales se renforcent mutuellement, affectant particulièrement les populations vulnérables.

Rémy Slama a souligné la nécessité de dépasser un cadre réglementaire fragmenté, en promouvant des lois transversales et un principe de précaution renforcé.

Marie-Pierre Vaslet a proposé de faire du bilan carbone en santé un outil stratégique au-delà de la simple contrainte réglementaire.

Marine Dagorn a présenté les unités hospitalières durables comme un exemple où écologie et transformation positive du travail cohabitent.

Baptiste Verneuil (Shift Project) a appelé à une planification concrète de la décarbonation dans le secteur médico-social.

Conclusion : Cette journée a démontré l’importance cruciale de la recherche en santé publique pour renforcer la résilience des systèmes de soins et réussir la transition écologique, en allant bien au-delà des seuls enjeux climatiques.

Pour voir la conférence complète, rendez-vous ici.


colloque éthique et santé environnement

AUTEURS : SÉVERINE DEGUEN

Le 27 mars 2025, lors du colloque « Éthique en santé et environnement » organisé par l’Espace de Réflexion Éthique Occitanie à Toulouse, Séverine Deguen, chercheuse indépendante et fondatrice d’Equit’Health, a présenté une conférence majeure intitulée « Inégalités sociales et environnementales de santé : quelle implication en santé publique ? »

Cette intervention a mis en lumière le constat préoccupant des inégalités socio-environnementales de santé : les populations défavorisées sont disproportionnellement exposées à des environnements dégradés, comme les zones industrielles ou les grands axes routiers, ce qui conduit à une surmortalité évitable.

Deux mécanismes clés expliquent ces inégalités : le différentiel d’exposition, où les groupes sociaux défavorisés subissent davantage de nuisances environnementales, et le différentiel de vulnérabilité, qui rend ces populations plus sensibles aux effets sanitaires à exposition équivalente, notamment à cause du stress chronique et des comorbidités.

Cette conférence souligne l’urgence d’intégrer ces constats dans les politiques publiques de santé, en ciblant les interventions sur les territoires combinant vulnérabilités sociales et environnementales. Elle appelle également à une approche éthique en santé publique, pour réduire durablement ces inégalités en agissant sur les déterminants sociaux et environnementaux de la santé.

Pour approfondir, la vidéo complète de la conférence est accessible sur le site de l’ERE Occitanie.


pollution de l’air et inégalités sociales de santé

Étude eqis-pa 2016-2019

L’évaluation quantitative d’impact sur la santé (EQIS-PA), menée par Santé publique France entre 2016 et 2019, s’est particulièrement intéressée à l’effet différencié de la pollution de l’air ambiant selon le niveau de défavorisation sociale des populations.

Cette étude est la première en France à analyser de manière intégrée les inégalités sociales de santé liées aux maladies causées par l’exposition chronique aux particules fines (PM₂.₅) et au dioxyde d’azote (NO₂). Elle s’appuie sur une classification des communes en fonction de leur niveau de défavorisation sociale, combinée aux données sur l’incidence de plusieurs pathologies comme le cancer du poumon, l’AVC et l’asthme chez l’enfant.

Les résultats mettent en évidence un gradient social et territorial clair : les zones plus défavorisées et fortement urbanisées pourraient bénéficier davantage d’une réduction de la pollution.

Cependant, l’étude recommande de rester prudent quant à l’interprétation de ces résultats, en raison de l’évaluation quantitative d’impact sur la santé (EQIS-PA), menée par Santé Publique France entre 2016 et 2019, qui s’est particulièrement intéressée à l’effet différencié de la pollution de l’air ambiant selon le niveau de défavorisation sociale des populations.

Cette étude est la première en France à analyser de manière intégrée les inégalités sociales de santé liées aux maladies causées par l’exposition chronique aux particules fines (PM₂.₅) et au dioxyde d’azote (NO₂). Elle s’appuie sur une classification des communes en fonction de leur niveau de défavorisation sociale, combinée aux données sur l’incidence de plusieurs pathologies comme le cancer du poumon, l’AVC et l’asthme chez l’enfant.

Les résultats mettent en évidence un gradient social et territorial clair : les zones plus défavorisées et fortement urbanisées pourraient bénéficier davantage d’une réduction de la pollution. Cependant, l’étude recommande de rester prudent quant à l’interprétation de ces résultats, en raison de la grande variabilité observée entre les territoires, y compris au sein d’une même catégorie sociale et de manque de données sur les différences de vulnérabilité, c’est-à-dire la sensibilité variable des groupes exposés à la même pollution.

Ce travail constitue une première étape importante pour intégrer les inégalités sociales de santé dans les politiques publiques sur la qualité de l’air, en lien avec les enjeux de justice environnementale. Il confirme la nécessité d’intensifier les efforts de réduction de la pollution dans les zones où se cumulent forte vulnérabilité sociale et forte exposition, notamment dans les grandes villes.

Consulter le rapport complet en cliquant ici.

Impact de l'Exposition Conjointe à la Pollution Atmosphérique et au Bruit sur la Santé


Un Double Fardeau pour les Populations Urbaines

Depuis les années 1970, la prise de conscience des enjeux environnementaux a entraîné une multiplication des interventions pour protéger l'environnement et un développement significatif du cadre juridique correspondant. Avec le changement climatique, cette problématique est devenue encore plus présente dans notre quotidien, mobilisant toutes les échelles territoriales, y compris les collectivités et les administrations santé-environnement. Ces acteurs mettent en œuvre des programmes d'action dans des domaines comme l'eau, l'air et les sols. Un enjeu croissant, surtout en milieu urbain, est la lutte contre la pollution de l'air et les nuisances sonores, qui constitue un véritable défi de santé publique.

Ainsi, la pollution de l’air et le bruit sont deux enjeux majeurs de santé publique, particulièrement en milieu urbain. La réduction de ces expositions est cruciale pour améliorer la qualité de vie et réduire les coûts économiques associés aux maladies qu’ils provoquent. Des mesures concertées et des politiques publiques efficaces sont nécessaires pour protéger la santé des populations.

Plans nationaux & inégalités sociales de santé

Par ailleurs, en France, les plans nationaux de santé, tels que le plan nutrition santé et la stratégie décennale contre le cancer, visent à réduire les inégalités sociales de santé (ISS). Le plan national santé environnement se concentre sur la réduction des inégalités environnementales, avec des actions spécifiques comme la création de plateformes d’information et la lutte contre la pollution de l’air et le bruit.

C'est dans ce contexte que BruitParif et Airparif ont récemment présenté le résultat de leur collaboration : un outil cartographique illustrant la coexposition aux pollutions sonores et atmosphériques en Île-de-France.

Les cartographies combinant la pollution de l'air et le bruit des transports sont essentielles pour les collectivités, aidant à élaborer de nouveaux plans d'urbanisme. Elles identifient les zones à préserver pour leur calme et celles nécessitant des mesures de prévention en raison de niveaux élevés de pollution et de bruit. Ces cartographies permettent d'évaluer l'efficacité des politiques publiques, comme les pistes cyclables et l'électrification des véhicules, et de suivre l'impact des actions ciblant une pollution sur l'autre. Utilisées dans la recherche, elles croisent les données air-bruit avec des informations socio-économiques et sanitaires, améliorant ainsi la compréhension de l'exposition combinée aux pollutions. Ces outils seront disponibles dans le cadre du Plan régional santé environnement 4 d’Île-de-France (PRSE4).

Outil Cartographique

Cependant, bien que de nouveaux outils et méthodes émergent dans le domaine de la santé environnementale et soient précieux pour enrichir la compréhension et les initiatives de santé publique, ils intègrent peu souvent le volet socioéconomique. Or, de nombreuses données suggèrent que les interventions de santé publique pourraient même aggraver les inégalités sociales de santé (ISS).

Amélioration des Connaissances et Priorisation des Interventions

Dans ce contexte, il devient crucial d'explorer les inégalités environnementales liées à la co-exposition au bruit et à la pollution de l'air, ainsi que leur relation avec la défaveur socioéconomique. En intégrant cette dimension socioéconomique dans les analyses de données, et tout particulièrement les analyses spatiales, l'objectif est d'identifier si certains groupes, notamment les plus défavorisés, pourraient être plus vulnérables.

Il est essentiel de promouvoir le développement de projets visant à identifier les zones à risque accru de certaines maladies, en tenant compte des facteurs de défaveur socioéconomique et de la forte exposition au bruit et/ou à la pollution de l'air. La production de cartes détaillées permet de visualiser ces zones à une échelle fine, facilitant ainsi la priorisation des interventions pour améliorer la santé publique.

En complément des résultats statistiques, un guide méthodologique pourrait être rédigé, en s'appuyant sur la diversité socioéconomique, sanitaire et environnementale de diverses régions. Ce guide permettra de reproduire cette approche dans d'autres territoires, afin d'identifier les zones prioritaires d'intervention dans une démarche d'Équité en Santé Environnementale, encore peu appliquée à l'exposition au bruit.

Les enfants, une population vulnérable exposée à la pollution de l’air à l’école


Les impacts sanitaires de la pollution de l'air sont considérables, comme le souligne l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui la classe comme le principal risque environnemental pour la santé dans le monde. Chaque année, l’exposition à la pollution de l’air entraîne le décès prématuré de plus de 4 millions de personnes.

En France, pour guider les décideurs publics dans l'élaboration de politiques de lutte contre la pollution de l'air, Santé Publique France réalise des évaluations quantitatives d'impact sur la santé (EQIS) ; des guides ont d’ailleurs été rédigés afin de faciliter leur mise en œuvre. 

Une étude menée sur la période 2016 / 2019 estime que près de 40 000 décès seraient attribuables chaque année aux PM2.5 et 7 000 au NO2, représentant environ 7% et 1% de la mortalité annuelle en France, respectivement.

En termes économiques, la traduction de ce fardeau sanitaire constitue un argument supplémentaire pour agir en faveur de la réduction de l'exposition des populations à la pollution de l'air en France. Une commission d'enquête du Sénat estime en 2015 à près de 100 milliards d'euros le coût annuel de la pollution de l'air. 

De plus, une évaluation économique de l'exposition chronique aux particules fines réalisée en 2017 estime que sous le scénario du respect de la valeur guide de l'OMS pour les PM2.5, plus de 17 000 décès pourraient être évités, avec un bénéfice économique estimé à près de 53 milliards d'euros par an.

L'exposition des enfants à la pollution de l'air à l'école est une préoccupation croissante en matière de santé publique. En effet, les enfants passent une grande partie de leur temps à l'intérieur des salles de classe, où la qualité de l'air peut être affectée par divers facteurs tels que la ventilation insuffisante et la proximité de sources de pollution extérieure (telle que la proximité à des routes à niveau de trafic routier élevé) ou encore l'utilisation de produits chimiques au sein des bâtiments scolaires. Des études ont montré que la pollution de l'air à l'intérieur des écoles peut avoir des effets néfastes sur la santé et le bien-être des enfants. L'exposition à des niveaux élevés de polluants atmosphériques comme les particules fines et les composés organiques volatils peut entraîner des problèmes respiratoires, des allergies, des troubles neurologiques et des difficultés d'apprentissage. 

AUTEURES : SÉVERINE DEGUEN & WAHIDA KIHAL (CNRS)

En garantissant des environnements scolaires plus sains et plus sûrs, nous pouvons contribuer à protéger la santé et le bien-être des enfants, ainsi qu'à favoriser de meilleures conditions d'apprentissage et de développement.

La Précarité Énergétique : combinaison entre pauvreté et expositions environnementales


AUTEURS : SÉVERINE DEGUEN, WAHIDA KIHAL (CNRS) & JANE-LISE METTON (UNIVERSITÉ DE BORDEAUX)

La précarité énergétique, initialement dénommée « fuel poverty », a émergé dans les années 70 au Royaume-Uni (1,2). Dans les années 90, elle a été définie comme le fait qu'un ménage consacre plus de 10% de ses revenus à ses dépenses énergétiques pour chauffer son logement. Les autorités ont réagi en mettant en place des stratégies telles que « The Fuel Poverty Strategy » pour atténuer cette précarité énergétique.

En France, les difficultés liées au chauffage ont commencé à être prises en compte à la fin des années 80, notamment par le biais de lois sur les aides financières et énergétiques, telles que la mise en place du revenu de solidarité destiné aux personnes en situation de précarité. Cependant, ce n'est qu'en 2010 que les autorités politiques ont réellement abordé cette question, avec l'introduction de la loi Grenelle (1). Cette loi a marqué un tournant dans la lutte contre la précarité énergétique en France en définissant pour la première fois une personne en situation de précarité énergétique comme toute personne qui éprouve des difficultés à disposer de la fourniture d'énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l'inadaptation de ses ressources ou conditions d'habitat (3,4).

La précarité énergétique est un phénomène largement répandu en Europe, comme le montre l'enquête EU-SILC menée par Eurostat (6). Cette enquête met en évidence une variabilité géographique de la précarité énergétique au sein de l'Union européenne, les pays du Sud étant plus touchés par l'incapacité à maintenir une température adéquate dans leur logement par rapport aux pays du Nord. Sur les 27 pays de l'Union européenne, la France se classe à la 10e place des pays les plus touchés par ce phénomène (6).

En France, la précarité énergétique représente un enjeu financier, politique, social et de santé majeur. Selon l'Observatoire National de la Précarité Energétique (ONPE), créé en 2011 suite à la loi Grenelle (7), 5,6 millions de ménages (environ 12 millions de personnes) étaient en situation de précarité énergétique en 2016. Dans son dernier rapport, l'ONPE souligne une augmentation de la précarité énergétique, avec 12% des Français les plus modestes ayant dépensé plus de 8% de leur revenu en factures d'énergie en 2021, contre 10% en 2020 (8, 9). De plus, 60% des ménages déclarent avoir réduit leur consommation de chauffage pour des raisons financières en 2020, un chiffre qui atteint 69% en 2021. En ce qui concerne la précarité face à la chaleur, en 2020, le médiateur national de l'énergie estimait que 52% des ménages français avaient souffert de la chaleur en raison de la canicule, du manque d'isolation ou de la ventilation médiocre du logement (10). Le Baromètre énergie-info de 2022 indique que ce chiffre est passé à 59% en 2021 (11).

Les indicateurs utilisés pour caractériser la précarité énergétique

De nombreux chercheurs à travers le monde se sont penchés sur la question de la précarité énergétique en élaborant des indicateurs visant à mesurer cette problématique à l'échelle individuelle. Ces indicateurs se regroupent généralement en trois approches : économique, subjective et de privation (4). Ils permettent d'évaluer si un ménage se trouve en situation de précarité énergétique ou non.

Cependant, ces indicateurs présentent des limites, notamment le fait que les ménages qui réduisent leurs dépenses énergétiques pour minimiser leurs coûts ne sont pas pris en compte. À l'inverse, des ménages avec un revenu plus élevé, résidant dans un logement confortable et choisissant de surchauffer leur habitat, seront inclus dans ces indicateurs en raison de leurs dépenses énergétiques élevées. De plus, ils ne prennent pas en compte la sensibilité aux variations climatiques selon la région de résidence ni les besoins réels des ménages en termes de confort thermique.

Le cumul d’expositions environnementales, un enjeu de recherche en santé publique


Dans le vaste domaine de la Santé Environnementale, l'analyse du cumul des expositions revêt une importance capitale. Néanmoins, plusieurs défis majeurs se présentent. Les affections liées à l'environnement sont souvent multifactorielles et présentent des délais d'apparition assez longs, notamment dans le cas des maladies chroniques ou du cancer. De plus, ces pathologies peuvent résulter d'effets cocktails ou même avoir des répercussions transgénérationnelles, ce qui rend complexe l'évaluation de leur impact sanitaire et la compréhension de la manière dont notre environnement influence notre santé.Lorsque l'on évoque les facteurs environnementaux, on fait référence aux effets nocifs ou bénéfiques de diverses expositions, qu'elles soient liées à la qualité de l'air intérieur ou extérieur, au bruit, au contexte socio-économique ou à l'exposition à divers types de rayonnements. Dans le passé, les études épidémiologiques se sont principalement focalisées aux effets sur la santé d'un seul agent nocif à la fois, tout en essayant de prendre en compte divers facteurs de confusion.

À ce jour, il existe peu d'outils à l'échelle territoriale permettant d'évaluer les expositions multiples ou le cumul des expositions environnementales, bien que de tels outils pourraient s'avérer essentiels pour mettre en évidence les points noirs environnementaux dans certaines zones ou la sur-exposition de certains groupes de populations (tels que les populations socioéconomiquement défavorisées). Pour relever ce défi, il est impératif de développer des méthodes adéquates.

Dans la littérature, les démarches visant à construire des "indicateurs environnementaux composites" ou des "scores composites" prenant en considération les cumuls d'expositions environnementales sont relativement récentes. Les Points Noirs Environnementaux (PNE) ont été mentionnés dès 2009 dans la fiche action n°10 du Plan National Santé Environnement (PNSE2). C'est à partir de cette période que plusieurs travaux méthodologiques ont été publiés en France.

En 2014, nous avons proposé l'utilisation d'analyses factorielles statistiques pour élaborer un indice d'exposition composite dans le but d'évaluer la charge environnementale affectant les populations (https://hal.science/hal-01069587). Nous avons mis en œuvre cette approche dans l'agglomération du Grand Lyon, en utilisant comme indicateurs environnementaux les concentrations annuelles de NO2 dans l'air ambiant, les niveaux de bruit et la proximité des espaces verts, des installations industrielles, des sites pollués et du trafic routier ; indicateurs estimés à l’échelle de l’IRIS. Ces données ont été synthétisées dans une première étape, par une Analyse Factorielle Multiple (MFA), puis dans une seconde étape les IRIS ont été regroupé d’après une classification hiérarchique. Les quatre premières composantes de la MFA expliquaient respectivement 30, 14, 11 et 9 % de la variance totale.

AUTEURS : SÉVERINE DEGUEN, WAHIDA KIHAL (CNRS) & NATHAN OUVRARD (UNIVERSITÉ DE BORDEAUX)

Cette approche, utilisant des techniques d'analyse factorielle statistique et de regroupement hiérarchique, est aujourd’hui sous-exploitée pour évaluer l'exposition environnementale cumulée. Bien qu'elle ne puisse pas être directement appliquée à l'évaluation des risques, l'indice résultant peut aider à identifier les zones d'exposition accumulant des nuisances environnementales, à prioriser les politiques urbaines ou à comparer la charge environnementale supportée par les populations entre différentes parties du territoire.

Les travaux plus récents ont été menés par le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) en 2019 et 2021, par l'Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques (INERIS) en 2020, ainsi que par l'Observatoire Régional de Santé (ORS) d'Île-de-France en collaboration avec d'autres institutions en 2022. Certains de ces travaux sont explicitement inspirés de l'outil CalEnviroScreen, développé à partir de 2008 par l'Office of Environmental Health Hazard Assessment (OEHHA) aux États-Unis.

De façon générale, les scores de multiexposition environnementale sont basés sur une agrégation de plusieurs indicateurs environnementaux associés à des données spatialisées. La principale difficulté réside dans la standardisation méthodologique de cette agrégation. Il est nécessaire d'associer différents indicateurs, bien que ces derniers ne partagent pas les mêmes : unités de mesure, poids dans les effets sanitaires, relations directes avec la santé ou impact sur les événements de santé. Cela rend complexe le calcul d'un impact sanitaire précis du cumul des expositions environnementales.

Néanmoins, ces scores peuvent aider les décideurs locaux, régionaux ou nationaux dans la prise de décision et la priorisation des actions à mener, en fonction des thématiques, des territoires ou des populations. Ils contribuent également à rendre les résultats obtenus, les programmes ou les actions réalisées plus visibles.

Des interventions pour l’amélioration de la qualité de l'air négligent les inégalités sociales


Depuis les années 1970, la conscience environnementale a conduit à une multiplication des interventions, politiques et programmes pour protéger l'environnement, avec un cadre juridique de plus en plus développé. Tous les cinq ans depuis 2004, un Plan National de Santé Environnement (PNSE) est élaboré, décliné en Plans Régionaux de Santé Environnement (PRSE). Ces plans mobilisent administrations et collectivités territoriales pour lutter contre la pollution de l'air à différentes échelles territoriales. Les interventions peuvent cibler divers secteurs et sources de pollution, notamment les transports (ZFE, péages urbains, réglementation des carburants, transports en commun), le secteur résidentiel (chauffage), et le secteur industriel (réduction des émissions, conversion énergétique).

AUTEURS : SÉVERINE DEGUEN, WAHIDA KIHAL (CNRS) & PAULINE VASSEUR (PMI)

Ainsi, il est essentiel que les décideurs intègrent une perspective d'équité sociale dans la conception des politiques environnementales afin de garantir que les avantages de ces interventions profitent à tous de manière équitable.

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